La broderie blanche

La broderie blanche

Exposition

Présenter une exposition sur "la broderie blanche", c'est montrer des broderies faites à la main mais également de la broderie mécanique et des dentelles.

Cette petite scène est représentative de la mode telle qu'elle pouvait être portée en ville au début du 20ème siècle .

Au premier plan, la jeune trégorroise porte une "toukenn", coiffe en tulle brodée, tant sur son fond que sur sa passe, d'un motif floral réalisé au plumetis.

Le corsage de la robe de cette nounou de Guingamp est orné de plusieurs applications de broderie blanche mécanique.

Elle porte, dans ses bras et sur un coussin à broderie anglaise, un bébé coiffé d'un béguin et en robe dite "de présentation" aux multiples broderies, dentelles et volants.

Au second plan, la riche bourgeoise est habillée d'une robe d'été composée de plusieurs éléments assemblés à la main, de panneaux brodés à la main de motifs floraux ou ornés de multiples plis tant horizontaux que verticaux, d'entre-deux de dentelles en inclusion ou de bandes de dentelles mécaniques en parement.

Ci-dessus un détail de broderie blanche sur le bas d'une robe de la Belle Epoque

La broderie blanche Késako

Le mot broderie viendrait du radical celtique « brozd ».

La broderie est une technique d’ornementation qui consiste à ajouter sur un fond préexistant, généralement du tissu ou du tulle, un décor à plat ou en relief au moyen d’un fil et d’une aiguille ou d’un crochet.

L’élément de base est le point, c’est-à-dire la partie du fil qui demeure à la surface de l’étoffe.

Que ce soit sur le plan des matériaux utilisés ou sur celui des techniques, on note une fréquente correspondance entre la broderie et les mouvements artistiques d’une époque.

Au 20ème siècle, on met à l’honneur les broderies Colbert, Renaissance et Richelieu, surtout pour l’ornementation de la fine lingerie.

Pour la confection des mouchoirs de mariage, des lingeries féminines ou des trousseaux, la broderie blanche est pleine ou découpée ou appliquée ou ornée de jours et de fils tirés. Elle est réalisée à l’aiguille ou encore au crochet pour le point de Beauvais. Les ouvrages réalisés sont souvent ornés de dentelle en Valenciennes notamment en inclusion ou en bordure.

Les broderies sont généralement de fleurs ou de végétaux ou d'insectes et rivalisent de raffinement en combinant plumetis, point de bourdon, point de nœud, point de feston, en semis, en bouquet et en guirlande.

    Ci-dessus voici quelques exemples de broderie blanche sur mouchoir en linon:

    Un riche mouchoir bordé de plusieurs rangs de fils tirés et brodé sous une couronne comtale des armoiries d'alliance bretonne des familles D'HERBAIS avec le lion et DU ROSCOAT avec l'aigle à deux têtes.

    Rare mouchoir bordé d'une dentelle au fuseau et d'une chaîne festonnée et brodé au pourtour d'une galerie d'insectes sur des rameaux fleuris et dans un angle d'un beau chiffre AI. l'ensemble brodé au point de passé simple, de tige et de noeud.

    Le 19ème siècle a vu se développer en France et en Europe une nouvelle classe bourgeoise aisée, qui s'est plut à personnaliser un vêtement ou un accessoire ou les faire broder de ses initiales.

    Ces lettres entrelacées sont aujourd'hui quelquefois difficiles à lire. Leur fonction d’identification individuelle étant éclipsée par le rôle ornemental.

    Le mouchoir de la mariée ou celui de la communiante étaient ainsi ornés d’un monogramme finement brodé des lettres stylisées, avec ou sans décor de feuilles, rameaux, fleurs ou arabesques.

    Les modes au fil du temps

    du matin à l'après-midi

    Tout au long du 19ème siècle et le début du 20ème, la broderie blanche est omniprésente dans toute la lingerie féminine mais également dans le vestimentaire du lever au coucher de la femme élégante.

    A droite, un déshabillé d'une grande bourgeoise de la fin du XIXème siècle en mousseline de coton brodée à la main de bouquets de fleurs et de noeuds, incrustée d'entre-deux de dentelles mécaniques et bordée au col et aux manches de volants aux broderies mécaniques.

    A gauche, un ensemble de ville d'été vers 1913 en linon agrémenté de laizes brodées et festonnées, disposées en étage sur la jupe et en application dans le dos du corsage. Le col et les manches sont en volants aux broderies anglaises.

    Les modes au fil du temps

    De la chemise de jour ......

    Voici une chemise de jour du milieu du 19ème siècle en fine toile de lin entièrement faite à la main.

    La partie tour de cou, la patte de fermeture et le tour des manches courtes sont festonnés et finement brodés main au plumetis au motif de guirlandes de fleurettes.

    La chemise se ferme par deux boutons et un lacet de serrage coulissant dans un ourlet.

    Sous la patte de fermeture, les initiales "EA" sont brodées au point de bourdon.

    Les modes au fil du temps

    .... à la chemise de nuit

    Voici une longue chemise de nuit du début du XXème siècle en fine toile de coton entièrement faite à la main.

    La partie plastron est composée de deux variétés d'entre-deux en imitation de Valenciennes assemblées côte à côte en alterné et bordée de deux larges volants de dentelles aux motifs floraux.

    Le col carré et les courtes manches sont garnies de dentelles mécaniques montées manuellement en bordure d'un galon échelle dans lequel pouvait être passé un fin ruban de soie aux couleurs pastelles.

    Les modes au fil du temps

    Robe de fillette

    La broderie blanche se retrouve bien entendu dans toute la lingerie de la petite enfance et de l'enfance tant pour les garçons que pour les filles

    En voici un exemple

    Montée sur crinoline, une robe de fillette du milieu du XIXème siècle en lin ocré
    avec application de soutaches blanches pour former un décor d'entrelacs.

    Les manchettes en mousseline de lin sont brodées au point de chaînette d'un très fin motif floral. Les poignets et son volant sont festonnés et entièrement brodés au point de tige et au point de bourdon de différents motifs floraux. Un jour échelle sépare la manche du poignet qui est fermée par deux minuscules boutons recouverts.

    Les modes au fil du temps

    La broderie sur les coiffes bretonnes:

    En Bretagne, il a été dans un premier temps courant de broder les coiffes de cérémonie sur de la fine toile de lin ou de coton comme du linon ou batiste ou de la gaze.

    Puis la mode a été d'utiliser le tulle de coton comme support aux broderies blanches.

    Et enfin les dernières coiffes portées ont été le plus souvent réalisées au filet voir même au crochet.

    Voici un exemple de coiffe en tulle de Haute Bretagne de la fin du 19ème siècle.

    La passe (ou barbe) présente plusieurs types de broderies:

    Une bordure festonnée et souligné d'une mousseline en application.

    Une frise périphérique au motif d'une guirlande florale brodée au point de tige et point de bourdon, avec quelques restructurations du tulle pour former une maille différente et des applications de mousseline pour former l'intérieur des feuilles et des boutons de fleurs.

    Enfin au centre de la passe, un ensemble au motif de rameau ou de feuillage brodé de même, mais également avec incrustation de tulle de maille plus sophistiquée.

    Cette exposition a eu lieu en 2000.

    Vous avez peut-être eu la chance de la voir.

    Nous avons depuis préparé une conférence sur la broderie blanche à Corps-Nuds (35)
    et vous pourrez prochainement disposer d'un lien sur ce sujet

    De même, nous avons présenté une exposition sur les frivolités d'antan à Guingamp qui a montré d'autres aspects de la lingerie féminine.

    pour voir l'exposition sur les frivolités d'antan