EXPOSITION "MODE IN SAINT-LUNAIRE"

L’association Les modes au fil du temps est très rarement l’organisatrice de manifestations, elle répond le plus souvent à une demande d’exposition et doit s’adapter aux lieux qui lui sont proposés.

En l’espèce, la commune de Saint-Lunaire avait confié à son Office du Tourisme l’organisation d’un programme de conférences et d’expositions estivales intitulé MODE IN SAINT-LUNAIRE

La commune ne disposait que d’une petite salle de 25 m2 entièrement carrelée, éclairée par une rampe de puissants spots, aux murs et aux plafonds blancs, avec une façade totalement vitrée et exposée à l’ouest.

Cet espace, dédié habituellement aux loisirs des jeunes fréquentant le Centre Culturel Jean Rochefort, s’avérait peu propice à une exposition de costumes.

Ce fut la plus petite salle d’exposition qui nous ait été proposée jusqu’à ce jour. Mais comme nous aimons les challenges, nous avons relevé ce défi, d’autant que nous avions affaire à une équipe municipale coopérante et à une animatrice de l’Office du Tourisme particulièrement sympathique et très dynamique.
Ci-dessous, deux vues transversales de cet espace pour juger des difficultés à surmonter

Nous étions prêts à recevoir les invités au vernissage, ils furent très étonnés de la métamorphose de cette pièce et de l’atmosphère dégagée par cette exposition de costumes d’époque sur mannequins réalistes et de très nombreux accessoires de mode de la gente féminine ayant pu fréquenter la station balnéaire de Saint-Lunaire durant la période 1890 à 1910.

et ci-dessous, le résultat de notre aménagement au terme de 14 heures de montage

Les modes au fil du temps

Dans le prolongement de la vue précédente

Une élégante dans un ensemble d’après-midi vers 1902-1903 en foulard de soie imprimée de motifs Art Nouveau

A ses cotés, une fillette en robe de taffetas de soie vers 1897-1898.

Les modes au fil du temps

Une femme en robe de visite vers 1898 en satin de soie brochée à motifs de feuillage et agrémentée de mousseline et dentelles

Une grande jeune fille en ensemble de promenade vers 1895-1896 en taffetas de soie brochée et zéphir

Une femme en toilette dite « robe de château » vers 1906-1908 en velours de soie.

Une élégante en robe princesse vers 1908 en velours de soie et dentelles.

Une femme en toilette dite « robe de château » vers 1903-1904 en velours de soie.

Une vitrine avec notamment un chapeau vers 1889-1890 en broderie de paille naturelle, garni de fleurs et d'un gros nœud de velours.Une vitrine avec une série de chapeaux entre 1890-1891.Une vitrine avec un ensemble d’accessoires de mode de la Belle Epoque, allant de l’éventail, au porte-monnaie, aux gants, aux sacs à main et aux lunettes de repos.

En conclusion, durant ces 13 jours d’exposition, plus de 900 personnes ont bénéficié de visites accompagnées de commentaires de Réjane ou Daniel sur la Belle Epoque , nom donné postérieurement à cette période historique de progrès social, économique, technologique, artistique et politique, s’étendant de la fin de la dépression économique vers 1895 à la Grande Guerre de 1914.

La grande bourgeoisie d’affaires et l’ancienne aristocratie constituait alors la haute société, c’est-à-dire les élites qui se partageaient fortune, puissance et influence.

Les mentalités et la « morale bourgeoise » s’inscrivaient alors dans la tradition française fondée sur la respectabilité de la famille, le souci de l’épargne, une aisance certaine et l’obsession des « bonnes manières ».

Le mouvement artistique Art Nouveau, née vers 1894, qualifiait le style du début de la Belle Epoque et voyait son apogée lors de l’exposition universelle de Paris en 1900.

L’ »Art nouveau » se trouvait vite concurrencé par un autre mouvement artistique, l’ Art Déco que la France découvrait un peu avant 1910 avec une recherche de la simplicité volontaire.

La mode vestimentaire féminine de cette Belle Epoque était surtout imprégnée de cet « Art Nouveau » et se caractérisait par une silhouette féminine alliant les lignes souples, les courbes et les volutes aux dentelles, plumes et autres frivolités et aux couleurs vives.

La haute couture lancée par C.F. WORTH était relayée par d’autres grands couturiers, tels que Jacques DOUCET, Jeanne PAQUIN, les sœurs CALLOT, Jeanne LANVIN, etc.

Paul POIRET, en supprimant en 1906 le corset, était le pionnier de l’émancipation féminine. La concurrence était rude avec le foisonnement de nouvelles maisons de haute couture créées notamment par Gabrielle CHANEL, Madeleine VIONNET ou Jean PATOU.

Les stations balnéaires, tels que Saint-Lunaire ou Dinard, étaient les lieux fréquentés par nos « bourgeoises » qui quittaient leurs hôtels particuliers suivis de leurs domestiques pour animer la « saison », c’est-à-dire la période estivale, dans leurs villégiatures, castels ou villas de la côte normande ou bretonne, au rythme des réceptions et des spectacles.